Novembre 2017

Les marchés d’actions européens se sont repliés dans le courant de novembre. L’indice MSCI Europe net a perdu 2,1 % sur le mois pour une progression depuis le début de l’année contenue à +9,4 %. Tiré par la bonne performance des actions américaines, elle-même liée à de désormais bonnes perspectives de baisse d’impôts aux États-Unis, l’indice mondial MSCI World net exprimé en euros n’a connu qu’un faible repli de 0,2 % pour une performance annuelle de +6,8 % à fin novembre.

Le repli du marché européen peut paraître surprenant au regard de la conjoncture macro-économique et de la situation des entreprises. On notera en particulier l’accélération continue de la progression du crédit en Europe, qui aura été de 2,9 % dont plus de 3 % liés à l’investissement des entreprises, ce qui est de bon augure pour la pérennité de la croissance. La situation est inverse aux États-Unis où la progression du crédit est en décélération, de 8% en novembre 2016 à 3,9 % en novembre 2017 dont moins de 1 % lié à l’investissement. On notera également que la progression des bénéfices des entreprises européennes est attendue supérieure à 20 % cette année et proche de 10 % l’année prochaine.  

Paradoxalement, une explication de ce repli se trouve peut-être dans les publications des entreprises au troisième trimestre. Celles-ci, comme on l’a vu le mois dernier, étaient de bonne facture et envoyaient des signaux positifs sur l’activité économique. En outre, 68 % des entreprises ont publié des chiffres supérieurs ou égaux aux attentes des analystes et 73 % d’entre elles ont confirmé ou relevé leurs « guidances ». Il se trouve cependant que ces chiffres sont en retrait par rapport à ceux qui avaient été constatés à l’issue des publications semestrielles (respectivement 80 % et 89 %),  ce qui a pu être perçu comme un point d’inflexion et un signal négatif par certains intervenants du marché.

Cette situation illustre le caractère inéluctablement aléatoire de toute gestion reposant sur une anticipation du comportement des marchés, et justifie notre défiance à cet égard. Elle conforte a contrario notre démarche fondamentale de recherche de sociétés de qualité à la rentabilité pérenne. Ce d’autant que la valorisation des marchés européens, avec un ratio cours sur bénéfices attendus proche de 15, est au-dessus de sa moyenne historique de 13,8. Sans être à proprement parler excessive, elle anticipe une bonne part de la croissance à venir des résultats d’entreprises et limite davantage la marge d’erreur possible.

Dans ce contexte, le compartiment Rouvier Valeurs a de nouveau bénéficié de son caractère défensif, limitant son repli à 0,2 % sur le mois et affichant une progression de +11,6 % depuis le début de l’année. Sa version couverte, Rouvier Évolution, est restée stable avec une performance annuelle de +6 % à fin novembre. Rouvier Patrimoine a quant à lui cédé 0,2 %, ramenant sa performance depuis le début de l’année à +2,2 % face à un indice obligataire qui reste en territoire négatif.
Enfin, pour ce qui est de Rouvier Europe, les conditions de marché n’ont pas été favorables à son caractère plus offensif et est de ce fait en repli de 2,6 % sur le mois avec une performance depuis le début de l’année contenue à +6,5 %. Nous en attendons néanmoins un rebond, dans le sillage de sa hausse de +16,5 % sur un an (MSCI Europe Net +15,8 %), notamment parce qu’il affiche aujourd’hui une décote de 20 % par rapport à notre estimation de sa valeur intrinsèque.

 

 

 

 

 

 

 

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