Juin 2018

Les marchés financiers mondiaux sont en apparence restés impavides face à l’accumulation de facteurs politiques potentiellement disruptifs durant le deuxième trimestre, s’appréciant de 3 % pour l’indice américain S&P 500 (0,5 % en juin) et 2,4 % pour l’indice européen Stoxx 600 (-0,8 % en juin). S’ils furent soutenus par un secteur pétrolier se revalorisant au rythme de la remontée du prix du baril de pétrole au-dessus de 70$ (+14,7 % pour le secteur pétrolier de l’indice européen Stoxx 600, +17 % pour celui du S&P), d’autres secteurs en revanche, tel l’automobile européenne, dépendant pour une bonne part d’exportations vers les États-Unis, corrigeaient de près de -13 %.

Leur absence de réaction globale illustre le peu de cas que les marchés font de ces invectives politiques de part et d’autre de l’Atlantique tant qu’elles ne remettent pas en cause le scénario de croissance mondiale saine, validé par les résultats et les perspectives publiés par les entreprises à la fin du premier trimestre et confirmé, en ce qui nous concerne, au fil de nos rencontres avec les sociétés. Il n’en avait pas été de même à la fin du mois de janvier lorsque les risques d’une surchauffe de l’économie américaine avaient fait craindre une hausse des taux d’intérêt, compromettante pour la croissance, déclenchant une correction boursière de 10 %. Et il risque aussi de ne pas en être de même dans les mois qui viennent si le cours du pétrole (74$ à fin juin, en progression de 23 % sur l’année) venait à flamber du fait de l’embargo américain sur l’Iran et de la situation au Venezuela. Vigilance, exigence sur la qualité et attention portée aux valorisations restent les maîtres mots de notre gestion dans ce contexte.

En ce qui concerne les taux, la normalisation semble s’opérer de manière ordonnée pour le 10 ans américain : 2,85 % à fin juin vs 2,41 % à fin décembre 2017, après un plus haut à 3,11% en mai. La normalisation du Bund 10 ans allemand connaît en revanche une pause imputable à son statut de valeur refuge par excellence. Après avoir atteint 0,76 % au mois de février, son taux est pour l’instant inférieur à son niveau de fin 2017 (0,31 % vs 0,42 %). Le différentiel de taux entre les États-Unis et l’Europe a fini par alléger la pression haussière sur l’Euro (1,17 $/€ fin juin, vs 1,25 en février et 1,20 fin 2017), ce qui soulagera les entreprises exportatrices européennes.

Face à un indice européen MSCI dividendes réinvestis en léger repli depuis le début de l’année (-0,5 %), le compartiment Rouvier Valeurs est quasiment à l’équilibre à -0,1 %  (+2,3 % au second trimestre avec -1,2 % en juin), tandis que Rouvier Europe s’est replié de -4,8 % (-1,5% au second trimestre avec -2 % en juin). Deux éléments favorables expliquent le caractère plus défensif de Rouvier Valeurs dans ce contexte : son positionnement très qualitatif d’une part, centré sur les sociétés à forte visibilité, et son engagement en actions limité à 81,5 % d’autre part (s’expliquant par les niveaux de certaines valorisations). Rouvier Europe n’a en revanche pas bénéficié de ses positions faiblement valorisées : en particulier les valeurs industrielles européennes, délaissées dans le sillage des inquiétudes protectionnistes et d’un possible tassement de conjoncture. Les valeurs financières ont subi une correction suite aux annonces prudentes de la BCE mi-juin qui, si elle mettra fin à l’expansion de son bilan via des achats d’actifs fin 2018, laissera ses taux directeurs inchangés jusqu’au moins la fin de l’été 2019. Cela a refroidi à court terme les attentes d’une remontée des taux en Europe.

Rouvier Évolution est en retrait de 1,7 % du fait du coût de sa couverture systématique, dont les soubresauts boursiers du premier trimestre ont néanmoins rappelé l’intérêt.

Enfin, Rouvier Patrimoine, géré pour son socle obligataire avec le souci de contenir le risque dans un contexte de remontée des taux – pour sa part actions avec un engagement limité à 18 % dans le même souci de sécurité – est en repli de 0,5 % sur le semestre, identique à celui de son indice de référence obligataire.

 

 

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