Janvier 2019

Faisant fi aussi bien du shutdown américain que des incertitudes sur la croissance mondiale apparues en fin d’année dernière et non levées depuis, les marchés d’actions se sont appréciés au mois de janvier avec des progressions de respectivement 7,7 % et 6,4 % pour les indices américain S&P 500 et européen Stoxx 600. Au-delà d’un simple ressaisissement après une correction trop sévère au mois de décembre 2018, ce mouvement peut être prolongé par le récent assouplissement des banques centrales.

La BCE a en effet pris acte le 25 janvier « de l’incertitude qui pèse sur le climat économique en zone Euro » et reconnu « qu’un soutien monétaire important reste essentiel », ce dont on peut déduire qu’aucun relèvement des taux n’interviendra dans l’immédiat. La FED a quant à elle fait savoir le 30 « qu’elle est prête à ajuster le rythme de normalisation de son bilan à la lumière des évolutions économiques et financières », ce dont certains ont peut-être un peu hâtivement déduit qu’elle continuerait à soutenir l’activité économique et les marchés aussi intensément et longtemps que nécessaire.

Laissons les spécialistes affiner leurs exégèses des propos de Messieurs Draghi et Powell et tournons-nous vers le terrain. L’impression générale qui se dégage de nos rencontres avec seize entreprises allemandes à l’occasion d’une conférence d’investisseurs à Francfort est celle d’un ralentissement attendu de la croissance, particulièrement en Europe et singulièrement en Allemagne, mais sans décroissance. Ce sentiment n’est pas uniforme et des secteurs d’activité comme la construction, les économies d’énergie, la digitalisation, l’industrie 4.0 et tout ce qui contribue à la productivité des entreprises y échappent. À noter aussi dans les propos de plusieurs interlocuteurs l’anticipation d’une pression salariale de nature à rendre difficile l’expansion voire le maintien des marges d’exploitation récentes.

Les compartiments Rouvier Valeurs et Rouvier Europe se sont appréciés de respectivement 4,9 % et 5,5 %, la différence entre les deux étant imputable à leurs taux d’engagement en action de respectivement 85,4 % et 97,8 %. Rouvier Évolution a vu sa progression limitée à 2,6 % par un renchérissement du coût de couverture tandis que Rouvier Patrimoine retourne en territoire positif (+1 % sur le mois) face à un indice obligataire en progression nulle.

Pour la suite de l’année, nous nous devons d’être prêts pour un marché qui pourrait devenir beaucoup plus sélectif et nous serons donc particulièrement vigilants sur les perspectives de croissance bénéficiaire des sociétés en portefeuille et leur valorisation.

 

Rapport mensuel